Biographie

Depuis des siècles la ville de Senlis a attiré artistes et écrivains, parmi eux, Charles-Jean Hallo,
qui, en 1920 l'a choisie pour y installer son atelier, rue Saint-Yves à l' Argent. 


Aquafortiste et xylographe de talent, il avait aussi une autre spécialité: entre 1920 et 1938,
il réalisa quelques 140 affiches touristiques pour les nombreuses compagnies de chemin de fer de l'époque. Elles sont une illustration vigoureuse et gaie de ce qu'était la France.


Ce site internet les reproduit pratiquement toutes. Pour le Tourisme, en plein développement,
c'est un merveilleux livre d'images, le raccourci d'une grande visite de notre France.

Charles Hallo, peintre d'affiches

Pour comprendre et juger les affiches de Charles Hallo, il faut d'abord les situer dans la continuité d'une production lithographique bien spécifique, celle de l'affiche touristique dont les principes ont été élaborés avant 1900, à une époque où les compagnies ferroviaires recouraient à la publicité pour cautionner leur stratégie expansionniste. 


Constituées sous le Second Empire, ces puissantes sociétés capitalistes se partagent le territoire français, soit en 1914, 50 000 km répartis entre cinq compagnies privées: Nord, Est, Paris-Orléans ou P.O., Cie du Midi et Paris-Lyon-Méditerranée ou PLM. Le sixième réseau dit “État” parce que contrôlé par l'État, est le second derrière le PLM en termes de distances, mais le premier sur le plan touristique. Chacune des compagnies se livre à une concurrence effrénée pour drainer vers ses destinations le maximum de voyageurs et les fixer, le temps d'une villégiature par des tarifs préférentiels et des arguments touristiques que les affichistes sont chargés de rendre irrésistibles. Conformément aux lois du monopole, les compagnies préfèrent traiter avec les imprimeurs. Ceux-ci font travailler sous contrat un bataillon d'artistes dont un petit nombre échappe à l'anonymat et qui doivent leur quota mensuel de projets.

Enfance

Vendredi 13 janvier 1882, à 13 heures: tel est le moment
qu’a choisi Charles, Alexandre, Jean, Julien Hallo pour débarquer sur notre terre. Il a toujours pensé que ce jour, cette date et heure lui avaient porté chance tout au long de sa vie.
Malgré bien des « coup durs », il fut un homme heureux.


C'est à Lille qu'il a vu le jour. Son père, Georges HALLO, officier, était à cette époque, en garnison à Lille, région qui
ne lui déplaisait pas, car une bonne partie de sa famille
était originaire du Nord, plus précisément d'Arras
dans le Pas-de-Calais.

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​Études

Passionné de dessin, Charles, au sortir du collège, entre à l'école des Beaux-Arts de Dijon (Cours de V. Prost).

Il poursuit ensuite aux Beaux-Arts de Paris. Il y est l'élève de Charles Cottet et de J.E. Blanche et travaille beaucoup.
Il s'oriente de plus en plus vers la gravure et se spécialise
dans l'eau forte. Il expose au Salon de la Nationale à partir de 1907.

Senlis

Aussitôt après (1920), Charles cherche à s'installer à Senlis:
il aime cette ville au charme vieillot, ainsi que sa région et ses grandes forêts.
La famille de sa femme possède tout à côté, une ravissante propriété: le Prieuré Saint Nicolas d 'Acy.


Il a acheté une vieille maison dans la rue Saint Yves à l'Argent,
maison dont le passé est riche et chargé d'histoire.
Très vite, il trouve sa place dans cette ville, se fait beaucoup d'amis,
aidé en cela par la famille de sa femme originaire de Senlis et de sa région,
depuis plusieurs siècles. Elle compte des hommes de loi ou des cultivateurs
de quelques grandes fermes, à l'est de Senlis.


Il devient un notable de la vieille cité, se fait élire au conseil municipal où ses compétences
l'amènent vite à prendre des responsabilités dans le domaine artistique,
dans l'organisation de grandes fêtes historiques et pour certains aménagements urbains.
C'est ainsi qu'il crée le jardin de l'évêché, au pied de la Cathédrale, côté nord.
Un mur très élevé bordait la rue «aux Flageards» et cachait complètement
le merveilleux chevet de la cathédrale. Il le fait abattre et dessine un beau jardin,
orné de vestiges gothiques. Il existe encore aujourd'hui, dégageant l'un des plus jolis
points de vue sur la cathédrale et sa flèche.

La rue Saint Yves à l’Argent

C’est dans cette rue au nom charmant, qu’il trouve à acheter une vieille maison du XVIIIème siècle,
presque un "Hôtel Particulier". C'est en 1920 que Charles Hallo rachète la maison au conseil de tutelle.


Comme beaucoup de demeures Senlisiennes elle offre à la rue, une façade rébarbative... mais dès que l'on passe
le seuil, c'est tout différent. Elle donne sur un joli jardin par de nombreuses fenêtres.
Charles Hallo transforme la maison: il ajoute un étage et s'aménage un bel atelier aux vastes dimensions.
Le plafond est à cinq ou six mètres de haut, la pièce mesure une cinquantaine de mètres carrés,
tout le côté donnant sur le jardin n'est qu’une grande verrière. En prolongement, il s’est fait un petit bureau,
au plafond bas, dont une fenêtre est tournée vers les vieux toits de Senlis, dominés par la flèche de la Cathédrale.

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Guerre de 1914-1918 

Charle Hallo a trente-deux ans en 1914.
Sergent, il part dans l'infanterie, participe aux marches, contremarches et combats de la bataille de la Marne.
Assez vite, il tombe gravement malade. Bien soigné,
il s'en sort et le voilà, de nouveau, bon pour le service. 


La toute jeune aviation cherche des volontaires:
il sera observateur-photographe. Les débuts sont héroïques: pilotes et observateurs sont assis dans la carlingue,
la moitié du corps à l'extérieur. Pour prendre des photos,
il faut bien tenir le vieil appareil à plaques et se pencher dehors! Pour tout arme: un mousqueton!
À la fin de la guerre, les conditions de travail et de sécurité
seront quand même un peu améliorées. 


De très nombreuses photos des fronts de la guerre de 14
sont signées "HALLO". Il termine la guerre comme lieutenant.

Guerre de 1939-1945

Septembre 1939: nouvelle guerre! Cette fois-ci, Charles a dépassé l'âge d'être rappelé. Mais il ne l'entend pas de cette oreille et, malgré ses 57 ans, il fait des pieds et des mains pour repartir et réussit à se faire nommer officier-instructeur
(photographie aérienne) à l'École de l'Air de Bordeaux-Mérignac. 


Après l'armistice, il regagne Senlis. Il supporte mal l'occupation. Dès 1941, il fait partie d'un réseau de renseignement
de la Résistance: le groupe "Jade-Amicol".


Le 31 décembre 1943, à 62 ans, il est arrêté par la Gestapo.
Il est envoyé à la prison de Compiègne. Heureusement, il est soupçonné d'appartenir à un réseau local dont il ignore tout,
le sien étant Parisien. Faute de preuves, il est relâché en avril 1944. Doyen de sa cellule, il en est le boute-en-train
pendant toute sa captivité!


En 1945, il part, en tant que peintre aux armées, rejoindre
son fils Jean, officier de la Légion Étrangère.
La campagne d'Allemagne s'achève, c'est là-bas que le père (lieutenant) et le fils (capitaine) fêtent l'armistice.


Charles-Jean Hallo était chevalier de la Légion d'Honneur
à titre militaire, croix de guerre 14-18
avec citations et médaille de la Résistance.
Il était aussi "Légionnaire de 1ère classe honoraire".

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Affiches

Charles Hallo avait un sens aigu des couleurs et aimait les transposer, les interpréter, les faire chanter. Il a bien su le montrer par ses affiches touristiques qui font preuve d'une grande audace dans l'utilisation des coloris. 


C'est aussitôt après la guerre de 14,
qu'il commence cette impressionnante série.
Il devait en faire quelque 140, presque toutes entre les deux guerres. La plupart ont été réalisées pour le compte des multiples compagnies de chemin de fer qui, à cette époque, précédaient la SNCF. Il en réalisa également pour la Compagnie Internationale
des wagons-lits, la compagnie Maritime
"Red Star Line", pour la SNCF, à ses tout-débuts, et pour de nombreux Syndicats d'Initiatives.

Généralement, il commençait par se rendre sur place,
pour trouver son sujet, prendre des croquis, se pénétrer
de l'ambiance de la ville ou de la région concernée.
Il faisait ensuite des esquisses en petit format pour rechercher
son cadrage (d'abord au fusain) et trouver sa "palette" de couleurs. Il passait ensuite au format réel. 


Au moment de l'impression, il "allait sur machine" pour
bien vérifier l'exactitude des couleurs.

Pour le compte du P.L.M., il participa au «lancement» publicitaire des Baléares,
réalisant plusieurs affiches sur le cap Formentor et son célèbre hôtel.

Son cher Senlis avait, bien sûr, une place très particulière dans ses choix: il en fit plus d'une demi-douzaine.
La Bretagne qu'il aimait et connaissait si bien, faisait aussi partie de ses favoris (20 sujets). 


L'ensemble des affiches de Charles-Jean Hallo est un véritable répertoire de la France pittoresque,
(et même de quelques pays étrangers) à l'époque même où naissait le grand tourisme.

Signatures

Pour ses deux premières affiches, (Tolède et Concarneau) il utilise encore sa signature classique: "Ch. Hallo".
Ensuite, dès 1919, comme plusieurs peintres de cette époque, il se crée un sigle, inspiré de son nom.

1919

1919 à 1922

1923 à 1936

Paris

Quelques années après la dernière guerre, la maison de Senlis étant bien grande pour eux,
Charles et sa famille regagnent Paris. Ils jettent leur dévolu sur un petit appartement disposant d'un grand atelier, derrière la gare Montparnasse. Avec son insouciance habituelle, Charles ne se voit pas vieillir
et oublie que ce merveilleux atelier est au cinquième étage d'un immeuble sans ascenseur!
il a maintenant près de soixante dix ans... Mais qu'importe... il s'installe!
Cet handicap le gênera beaucoup ainsi que la plupart de ses visiteurs. Il le quitte fin 1969 pour l'hôpital de Senlis,
où il meurt le 15 décembre, à près de 88 ans.

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